Calculez son IMC : l’utilisez-vous correctement ?

Qu’est-ce que l’IMC ?

L’IMC est l’Indice de Masse Corporelle. C’est aujourd’hui l’indicateur le plus populaire, à l’échelle mondiale, permettant d’évaluer de manière objective la corpulence des individus.

Inventé il y a près de 200 ans (1), même si l’IMC se fait vieux sa popularité ne cesse de grimper. Et pour cause : c’est un indicateur international très facile à utiliser, plébiscité par l’Organisation Mondiale de la Santé (qui s’en sert pour toutes ses différentes statistiques sur le surpoids).

Même si cet indicateur est parfois décrié du fait de sa fiabilité, il n’en reste pas moins extrêmement simple d’utilisation : seul votre poids et votre taille sont nécessaires afin d’effectuer le calcul de votre IMC.

Comment effectuer le calcul de son IMC ?

Le calcul repose sur une simple division. Il suffit de prendre son poids (en kilogrammes), et de le diviser par sa taille (en cm) au carré, soit :

IMC = Poids (kg) / ( Taille (m)² )

Le résultat de l’IMC doit ensuite être interprété à l’aide des informations fournies par l’Organisation Mondiale de la Santé :

– Si le résultat est compris entre 18,5 et 25, alors la corpulence est normale.

– Au-delà de 25, il y a surpoids.

– Au-delà de 30, il y a obésité.

Calculez facilement votre IMC :

Si vous n’avez pas de calculatrice sous la main, mais simplement un accès à Internet, alors certains sites pourront vous aider à effectuer votre calcul en quelques clics :

L’interprétation doit toutefois se faire en connaissance de cause : l’IMC, rappelons-le, est un indicateur simple et utilisé à l’échelle mondiale. Cette simplicité introduit forcément des biais et de nombreux défauts :

– L’âge n’est pas pris en compte, tout comme le sexe.

– Pour les femmes enceintes, le calcul n’est pas valable.

– La masse musculaire introduit un biais important. Ainsi, plus vous êtes musclé(e) et plus il y a risque que l’IMC n’ait pas (ou peu) de signification. Chez les sportifs de haut niveau le calcul de l’IMC, par exemple, n’a aucune valeur.

– L’histoire du poids n’est pas prise en compte, alors que l’histoire de votre poids est pourtant très importante pour diagnostiquer certains problèmes de corpulence.

– L’IMC est « vieux » (près de 200 ans). De nombreux autres indicateurs ont fait leur apparition depuis cette date (formule de Lorentz, de Monnerot Dumaine, de Creff, etc.) même si aucune de ces formules n’a eu le succès de l’IMC, trop bien implanté aujourd’hui. Il peut cependant être intéressant de compléter l’utilisation de l’IMC avec les résultats de ces autres formules.

– L’IMC ne prend pas en compte les origines ethniques, qui sont parfois révélatrices de corpulences différentes.

En clair : l’IMC est un indicateur intéressant, mais à prendre avec le recul nécessaire. Ce n’est qu’une auto-mesure et seul un médecin sera capable de diagnostiquer une « obésité réelle ».

Mais quoi qu’il en soit, il est surtout extrêmement de noter que cette interprétation n’est valable que chez l’adulte (aussi bien pour la femme que pour l’homme), mais pas chez l’enfant. En effet, chez les enfants l’interprétation est plus complexe et différente. Et pourtant, de nombreuses personnes continuent d’utiliser « l’IMC adulte » (sans le savoir) pour leur(s) enfant(s). C’est la raison pour laquelle nous vous aiguillons (paragraphes ci-dessous) sur ce sujet.

Interpréter l’IMC chez l’enfant

A l’origine, quand Adolphe Quetelet a créé cet indicateur (1) (qui ne s’appelait d’ailleurs pas « IMC » à la base), celui-ci n’était destiné qu’aux adultes. Toutefois, face à la popularité croissante de ce qui s’appellera dès 1972 « IMC », il a été décidé d’offrir la possibilité d’utiliser cet indicateur chez les enfants dès 1982. Si vous avez un carnet de santé sous la main, vous vous apercevrez en effet que des « courbes de corpulence » sont disponibles et qu’elles font intervenir… l’IMC ! Ces courbes sont présentes dans les carnets de santé depuis l’année 1995.

Le calcul est le même que pour les adultes, c’est simplement l’interprétation qui est différente et qui doit désormais s’effectuer à l’aide d’un graphique (qui est spécifique pour les filles, et spécifique pour les garçons).

Courbe de Corpulence chez les filles de 0 à 18 ans

Exemple : une jeune fille de 6 ans pesant 24 kg

Prenons par exemple le cas d’une jeune fille mesurant 122 centimètres et pesant 24kg. Cette fille a un IMC de 16,12 (il suffit de réutiliser la formule ci-dessus). Pour un adulte, cet IMC serait trop faible, en dessous de la corpulence normale. Toutefois pour un enfant, il suffit d’utiliser les courbes disponibles dans le carnet de santé et de placer le point correspondant à l’IMC sur la courbe.

Si cette jeune fille à 6 ans, alors le point sera placé en rouge sur le graphique à gauche (point rouge) :

On constate donc qu’il s’agit là d’un IMC correct au regard de la courbe de corpulence. Ces courbes sont élaborées avec l’INPES. Vous pourrez télécharger la courbe correspondante aux garçons et la courbe correspondant aux filles ci-dessous :

>> La courbe de corpulence filles de 0 à 18 ans ( Télécharger le pdf)

>> La courbe de corpulence garçons de 0 à 18 ans (Télécharger le pdf)

 

Pourquoi calculer l’IMC de votre enfant de temps à autre ?

Exemple de rebond d’adiposité très précoce, à l’âge de 3 ans

En 1965, l’obésité ne touchait que 3% des enfants de moins de 18ans. Un chiffre qui est passé à 16% en 2000 (et qui semble se stabiliser depuis cette date). Une augmentation alarmante dû à nos nouvelles façons de s’alimenter, mais aussi dû au fait qu’il est souvent difficile d’adopter un regard vraiment objectif sur la corpulence de son enfant.

En effet : comment savoir si son enfant est trop maigre ou trop gros ? Consulter un médecin est une excellente solution, mais peu franchissent ce cap. C’est là qu’intervient l’IMC et les courbes de corpulence du carnet de santé : c’est une manière d’effectuer une auto-mesure, sans aucune intervention externe, et ainsi d’avoir un avis entièrement objectif (qui ne repose sur aucune donnée subjective).

Les courbes permettent aussi de se rendre compte qu’il existe des inquiétudes souvent infondées jusqu’à l’âge de 6 ans. En effet, si l’IMC de l’enfant augmente rapidement la première année, il est suivi d’une légère baisse puis de ce que l’on appelle un « rebond » vers l’âge de 6 ans. Ce « rebond », aussi appelé « rebond d’adiposité » est normal. Si ce rebond est situé à l’âge de 6 ans (ou un peu après), alors cela est rassurant. Par contre, plus le rebond intervient tôt et plus il y a risque que l’enfant ait des problèmes de surpoids ou d’obésité par la suite : il conviendra donc de surveiller régulièrement sa corpulence.

Sources et références

(1) Eknoyan, Garabed (2007). « Adolphe Quetelet (1796–1874)—the average man and indices of obesity ». Nephrology Dialysis Transplantation 23 (1): 47–51. doi:10.1093/ndt/gfm517. PMID 17890752

(2) Thibault H. et al. Pourquoi et comment utiliser les nouvelles courbes de corpulence pour les enfants ? Arch Pediatr 2010;17(12):1709-15.

Remerciements à Mickaël du site CalculerSonImc :  http://www.calculersonimc.fr/faites-le-test.html

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